Après une année 2024 marquée par un record historique de défaillances d'entreprises en France, le dernier rapport publié par Altares au deuxième trimestre 2025 dresse un constat nuancé. Si la hausse des défaillances ralentit, les niveaux restent très élevés.
Pour les professionnels du Credit Management, ces signaux sont loin d'être rassurants : ils appellent à une vigilance et à une adaptation rapide de ces stratégies de gestion du risque client.
Un plateau élevé de défaillances mais une dynamique moins inquiétante
Avec 16 586 procédures collectives recensées au deuxième trimestre 2025, le nombre de défaillances d'entreprises enregistre une hausse limitée à 1,3 % par rapport à la même période de l'année précédente. Un rythme bien plus modéré que celui observé en 2024, où la progression atteignait 23 % à la même époque. Sur 12 mois glissants, la France reste au-dessus du seuil des 68 000 défaillances, confirmant le maintien à un niveau élevé. Toutefois, les données mensuelles montrent des signaux plus positifs : en juin, les défaillances ont reculé de 2 %, amorçant une possible inflexion de tendance.
Quelles sont les typologies d'entreprises les plus touchées ?
La très grande majorité des défaillances continue de concerner les structures de petite taille avec 86% des procédures affectant des entreprises de moins de 5 salariés, un taux stable par rapport aux trimestres précédents.
En revanche, la situation se détériore nettement du côté des PME de plus grande taille : 58 entreprises de 100 salariés ou plus ont fait l’objet d’une procédure au T2 2025, soit près d’une par jour ouvré, en hausse de 29%. À elles seules, ces structures concentrent près de 18 000 des 65 000 emplois menacés ce trimestre.
Entre ces deux catégories, la dynamique est plus nuancée :
- Les PME de 20 à 99 salariés enregistrent une légère amélioration (–1%).
- Les entreprises de 6 à 19 salariés restent sous tension, avec une hausse de 10% des défaillances
À noter que malgré ces disparités, le nombre total d’emplois menacés recule de 6,5%, signalant une tension plus contenue sur le plan social.
Secteurs d'activité : entre signaux positifs et zones rouges
Des secteurs en voie d'amélioration :
- Construction : près de 4 200 procédures recensées, mais une baisse encourageante (-5%)
- Immobilier : nette amélioration côté agences (-29%)
- Commerce de détail : -5% de défaillances après plusieurs trimestres difficiles
Des secteurs encore en forte tension :
- Restauration traditionnelle : 21%, plus forte progression sectorielle du trimestre
Défaillances régionales : une géographie des contrastes
Malgré un léger infléchissement de la courbe des défaillances à l’échelle nationale, l’analyse régionale révèle une réalité plus contrastée, avec des zones de tension durable et quelques signaux d'amélioration localisés.
Les régions en amélioration :
- Île-de-France : –1,8 % (malgré des hausses locales à Paris et en Essonne)
- PACA : –4,7 %
- Bourgogne-Franche-Comté : –5,5 %
- Corse : –8,3 %
- La Réunion : –14,7 %
Les régions toujours en tension :
- Pays de la Loire : 11,5 % (Loire-Atlantique : 36 %)
- Centre-Val de Loire : 6,8 %
- Nouvelle-Aquitaine : 6,6 %, avec des pics locaux à 20 %
- Occitanie : 5,8 %, forte hausse dans l’Hérault et les Hautes-Pyrénées
Pour le Credit Management, cela impose une analyse régionale fine des portefeuilles clients, en croisant l’exposition géographique et sectorielle.
Enjeu pour le Credit Management
Pour les professionnels du Credit Management, ces chiffres doivent être analysés avec discernement. Le ralentissement des défaillances est un signe positif, mais les risques systémiques restent élevés :
- Une liquidité encore fragile pour de nombreuses TPE-PME.
- Des secteurs en crise profonde (restauration, transport, services aux entreprises).
- Une exposition accrue des grandes PME, souvent au cœur des chaînes de valeur.
En somme, si l’année 2025 laisse entrevoir un ralentissement du nombre de défaillances, les signaux restent trop fragiles pour relâcher la vigilance. Dans un environnement encore instable, le rôle du Credit Management demeure central pour anticiper les tensions, adapter les stratégies de couverture et sécuriser durablement le poste client.
Dans ce contexte, nos experts se tiennent à votre disposition pour vous accompagner et vous conseiller dans l’adaptation de vos stratégies.